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Actualité
Sam. 2 février 2008
Spécial Felscope : Distribution, un lien entre producteurs et consommateurs
Les méandres de la distribution qui conduisent les fruits et légumes du champ à l’assiette représentent 47 % de la valeur du marché de ces produits. Les marges réalisées y constituent la «valeur ajoutée » tant convoitée qui, au regard du nombre d’intervenants, est également d’une «complexité ajoutée ». A l'occasion du Sifel France 2008, la revue Réussir Fruits & Légumes met un coup de projecteur sur le trajet des fruits et Légumes, du producteur au consommateur, lors du Felscope qui aura lieu le jeudi 21 février à 14h30, espace colloque & forums. Christian Jacquiau, économiste et auteur du livre, "Les dessous de la grande distribution" ouvrira les portes du temple de la grande distribution.
En 2006, la valeur de la consommation de fruits et légumes par les ménages a été estimée à 14,5 milliards d’euros TTC. Ce marché se décompose en trois grandes masses : la valeur de la production française (30 %), la valeur des importations nettes, des réexportations (23 %) et enfin les marges de distribution (47 %). Selon la répartition des marges commerciales (sur marchandises) entre les différentes familles d’opérateurs, environ 15 % du total des marges de distribution vont au stade production/expédition, 23 % vont au stade de gros et 56 % au stade de détail. Ainsi, ces chiffres bruts montrent les enjeux économiques que représente le cheminement d’une tomate ou d’une pomme dans notre filière. Toutefois, le « circuit » qu’elles empruntent est soumis à de nombreux aléas avec un parcours mouvementé où partenariat, législation, communication… sont autant de méandres et de « complexité ajoutée ». Aujourd’hui de nouvelles notions d’équitabilité, d’écoconditionalité, de proximité ou de santé viennent troubler des «pistes déjà tracées » mais aussi ouvrir des voies à de nouveaux modes de commerce et d’échanges. Alors que la distribution des fruits et légumes est assurée à plus de 70 % par la Grande Distribution, les tendances récentes montrent des évolutions. Les hard-discount enregistrent, pour la première fois une baisse d’activité (11%), les hypermarchés regagnent des parts de marché (35%), les supermarchés passent sous la barre des 25%. En revanche, les Primeurs sont le circuit de distribution qui a connu la plus forte progression d’activité (4,3 kg par achat) : un renouveau à mettre sur le compte des grandes surfaces spécialisées en produits frais. Les marchés voient leur part diminuer une nouvelle fois pour se rapprocher du seuil de 15%.
La distribution des fruits et légumes est assurée à plus de 70 % par la Grande Distribution. Quel que soit le type de distribution, le rayon fruits et légumes devient stratégique. Les initiatives concertées entre les 2 maillons essentiels du circuit : producteurs et distributeurs montrent des opportunités de partenariats constructifs. Néanmoins, comment doit-on évaluer réellement les partenariats dans ces initiatives positives dont on peut saluer le pragmatisme? L’exemple de la mise en place de la traçabilité est assez éloquent. Exigée par la grande distribution, les producteurs ont assuré les investissements, permettant à la distribution d’en tirer un avantage concurrentiel et des marges supplémentaires; puis la distribution a souhaité que les produits « tracés » reviennent en concurrence avec les produits «de base » ; en final, quel aura été le retour sur investissement pour le producteur ? Aujourd’hui, les exigences de la distribution portent sur le développement durable et la protection de l’environnement ; quels objectifs réels se cachent sous ces nouvelles demandes? On peut également s’interroger sur l’impact des recommandations du Plan National Nutrition Santé (« 5 par jour » soit 400 g de fruits et légumes) et les volontés ministérielles pour développer « l’accessibilité » de ces aliments. En effet, les fruits et légumes apparaissent comme un « marqueur social ». Ils sont aujourd’hui un des groupes d’aliments dont le niveau de consommation apparaît le plus lié au statut socio-économique des ménages et aux inégalités de santé. Pour une quantité x achetée par le quart le plus pauvre de la population, le quart le plus riche en achètera 3 fois plus ! Ce déficit, particulièrement important pour les personnes de milieux défavorisés, l’est aussi pour les jeunes. Mais quel mode de distribution bénéficiera de l’engouement attendu ? Autre interrogation. Alors que le pouvoir d’achat fait la Une de l’actualité, la commission Attali propose l’abrogation de lois (Galland, Dutreil et Rafarin) qui ont modelé la distribution ces 10 dernières années. Libérer la croissance en levant l’interdiction de revente à perte et en instaurant la liberté des négociations commerciales, aura quels effets dans les relations fournisseurs-distributeurs ? On peut également s’interroger sur l’orientation des choix des consommateurs donnée par « l’empreinte carbone » et les « volontés environnementalistes » émergeantes des entretiens de Grenelle. Enfin, même s’il ne représente que 1 % des ventes des fruits et légumes aujourd’hui, le e-commerce peut aussi être une opportunité pour notre filière. Ainsi, sans exhaustivité ni défiance, le colloque Felscope 2008, organisé par Réussir Fruits&Légumes (voir l’invitation en fin de dossier), souhaite aborder l’ensemble du monde de la Distribution pour permettre à chaque participant et acteur de la filière de disposer d’éléments de réflexion et d’analyse indispensable pour orienter ses décisions et envisager son avenir. C’est dans ce but que ce dossier vous est également proposé.■ Marie Serres, Guy Dubon
Retrouvez l'intégralité de notre dossier dans le numéro de Février 2008 de Réussir Fruits & Légumes
Felscope Sifel France 2008 Jeudi 21 février à 14h30 Espace colloques & forums Distribution : lien entre producteurs et consommateurs Invité Christian Jacquiau, économiste
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